If the Symptoms Persist

If modern French poetry began with Rimbaud’s observation that ‘je est un autre,’ Francis Combes believes that poets should now say, ‘je suis tous les autres’. The author of fifteen books of poetry, including La Fabrique dubonheur, Cause commune and La Clef du monde est dans l’entrée à gauche, Combes has also published two novels and, with his wife Patricia Latour, Conversation avec Henri Lefebvre and Le français en liberté – Frenglish ou diversité. He has translated several poets into French, including Heine, Brecht, Mayakovsky and Joszef. ]He runs the radical publishing cooperative, Le Temps des Cerises, directs the poetry biennale in Val de Marne and was for many years responsible for putting poems on the Paris Metro.

‘Poetry,’ argues Combes, ‘does not belong to a small group of specialists. It arises from the everyday use of language. It is a way of keeping your feet on the ground without losing sight of the stars. It is at the same time the world’s conscience and its best dreams; it’s an intimate language and a public necessity.’ Drawing on the tradition of Hugo and Aragon, the idea of une poésie d’utilité publique runs through Francis Combes stunning new collection, frompoèmes sans domicile fixe to poèmes moraux et politiques. It is a book about poverty, homelessness, inequality, racism and the endless wars of the twenty-first century. It’s a book of gentle humour and savage irony. It is that rare thing, a collection of poetry that is both useful and necessary. 

Sample Poems

Utilité de la poésie

Un jeune mendiant croisé dans le métro,
sur un bout de carton accroché à son cou
avait écrit ces mots :

≪ Comme la forêt en feu
crie vers l’eau de la rivière
je m’adresse a vous :
Donnez-moi SVP
quelque chose à manger. ≫

Et, semble-t-il,
des gens donnaient.
(Ce qui tendrait a démontrer
l’utilité dans nos sociétés
de la poésie.)

The Usefulness of Poetry

A young beggar met in the metro
had written these words
on a piece of cardboard hung round his neck;

‘As the burning forest
shouts towards the river’s water
I appeal to you:
Please give me
something to eat.’

And it seems
People were giving.
(Which would tend to point to
the usefulness of poetry
in our societies.)

Rue de Rennes

À la sortie du grand magasin
un homme corpulent
(barbe rousse, tête de moujik
ou de pirate des Caraïbes)
est agenouillé sur son sac
au milieu du trottoir.
Il ne prie pas Dieu
mais l’humanité
qui passe dans tous les sens
devant lui.
Quelques humains donnent;
peu nombreux
(juste assez pour qu’il persévère
dans son activité)…
Mais la plupart de ceux qu’ils prie
font comme Dieu:
ils ne lui pretent aucune attention.

Rue de Rennes

At the exit to a department store
a corpulent man
(red beard, head of a Moujik
or Caribbean pirate)
is kneeling on his bag
in the middle of the pavement.
He isn’t praying to God
but humanity
which passes in every direction
before him.      
A few people give him something
not many
(just enough for him to keep going)
But most of those he appeals to
do as God:
they pay him no attention.

Le tunnel

Dans le ventre de Paris,
sous le Forum des Halles,
juste à côté du passage souterrain
qu’empruntent les automobiles,
le long de la voie rapide,
un homme a installé
son canapé,
sa télé,
son poste de radio
et un écran d’ordinateur.
Là, il est a l’abri,
au chaud, dans les gaz d’échappement.
Ici, personne ne le dérange,
mais de là où il est
il ne voit pas
le bout du tunnel.

The Tunnel

In the belly of Paris
under the Forum des Halles
just next to the underpass
which no cars take
along the fast lane
a man has set up
his sofa
his telly
his radio
a computer screen.
Here, he is sheltered,
warm, in the exhaust fumes.
Here, no one disturbs him,
but from where he is
he can’t see
the light at the end of the tunnel.

Intimité

Boulevard de Friedland,
à quelques pas de l’Arc de Triomphe,
neuf heures trente, un lundi matin.
(Quelle est la victoire que l’on célèbre ici ?)
alors que le flot des voitures s’écoule lentement
(ce qui laisse a chacun le temps de regarder)
une femme, debout à côté de sa tente igloo
sur le trottoir,
sa petite culotte sur les chevilles,
tournant le dos à la circulation
fait, avec un bout de chiffon,
sa toilette
intime.

Intimacy

Boulevard de Friedland,
a few feet from the Arc de Triomphe,
half past nine on a Monday morning.
(What is the victory being celebrated here?)
while the flow of cars passes slowly
(which gives everyone the time to look)
a woman, standing next to her igloo tent
on the pavement,
her little knickers around her ankles,
her back turned to the traffic
carries out with a bit of rag
her intimate
washing.

Joyeux Noël

A quelques jours de Noël
j’ai vu un homme assis sur le trottoir
du côté d’Arts et Métiers
emmitouflé dans la feuille metallisé
d’une couverture de survie
offerte, sans doute,
par un service social,
ou une ONG humanitaire.
Sa tête, ronde et noire
aux grands yeux hagards
seule dépassait de l’emballage doré.
Il ressemblait à un cadeau,
un pauvre,
que la ville se serait offerte.

(Noël n’oublie personne).

Merry Christmas

A few days before Christmas
I saw a man sitting on the pavement
in the Arts et Metiers
wrapped in the metallised leaf
of a survival sheet
provided, no doubt,
by social services
or a humanitarian NGO.
His head alone round and black
with great, haggard eyes
stuck out of the golden package.
He looked like a present,
one of the poor,
the city had given itself.

(Christmas forgets no one).

Une couronne pour Ginka

C’est là que se tenait Ginka
avec les autres, sur le terre-plein
battu par le vent de novembre,
là où la rue pavée du Débarcadère
qui longe la voie ferrée et passe sous le périphérique
débouche sur les éxterieurs
et devient la rue
de la Clôture.
C’est là
sur le petit terre-plein
qu’elle se tenait
avec trois ou quatre filles,
jeunes comme des lycéennes,
tous les jours là,
brûlant de la beauté de la jeunesse
mini-jupe, insulte à l’hiver
flammes fragiles
a tous les vents
offertes.
Ginka,
flamboyante chanterelle,
rousse,
venant de l’est,
rêvait de liberté
et de se faire
un paquet de fric
pour flamber à Paris.
Mais de Paris, elle n’a connu
que ce bout de trottoir
battu par le vent
où le jour et la nuit
debout des heures
sans boire et sans manger
devant faire ses besoins accroupie sur le sol comme une bête
elle a découvert
la dure loi de l’offre et la demande,
les travaux forcés du libre marché.
Un employé de la déchetterie voisine l’a retrouvée
au milieu des immondices et des préservatifs
entre des bouteilles vides et un pare-choc brisé,
dans les broussailles,
derrière le grillage à moitié défoncé
au-dessus de la voie ferrée
tuée de vingt coups de couteau
puis abandonnée sur un vieux matelas.
(Le monde
n’a plus de frontières.
C’est une décharge sans rivage
ou dansent des flammùches
et fleurit l’aster.)
Sur le grillage,
pendant quelques jours
est restée accrochée une gerbe,
couronne pour Ginka
qui se voyait top-model
ou bien reine de beauté,
Ginka qui ne fut pas même
reine
de sa propre vie.

A Crown for Ginka

It was there Ginka was standing
with the others, in the lay-by
battered by the November wind
there where the cobbled street of Debarcadere
which runs by the rail line and under the peripherique
opens onto the city’s limits
and becomes
the street of la Cloture.
It’s there
in the little lay-by
she stood
with three or four other girls
young as high school pupils,
there every day
burning with beauty and youth
a mini-skirt insulting the winter
fragile flames
offered
to every wind.
Ginka,
flamboyant chanterelle,
red-headed
coming from the East
dreaming of freedom
and of making
a shed-load of money
to burn in Paris.
But all she’s known of Paris
is this bit of pavement
battered by the wind
where day and night
standing for hours
without eating or drinking
having to crouch on the ground like an animal
she discovered
the hard law of supply and demand
the forced work of the free market.
A worker from the neighbouring dump found her
in the middle of refuse and contraceptives
between empty bottles and a broken bumper
in the bushes
behind the half-caved in radiator grill
above the rail line
killed by twenty stabs
then abandoned on an old mattress.
(Th world
no longer has borders.
It’s an outlet without limits
where sparks dance
and the aster flowers.)
On the grill
for several days
has remained a sheaf of flowers,
a crown for Ginka
who saw herself as a top model
or beauty queen,
Ginka who was not even
queen
of her own life.

Reviews

‘Francis Combes n’y consent pas! Faire parler ce qui est senti de ce monde est sa belle querelle. C’est à nous, lecteurs, de se confronter à leur corps pour en tirer troubles, leçons et actions!’

L’Humanité